Malheureusement, certains fournisseurs affichent des chiffres supérieurs à ceux de la concurrence, alors qu'en réalité, cela ne démontre pas une qualité supérieure à celle d'un système qui prétend respecter ou dépasser les exigences des normes.
L'un des cas les plus flagrants est celui d'un fabricant proposant un câble 350 MHz en prétendant qu'il est de meilleure qualité. Ce document vise à démystifier cette idée reçue et à corriger cette conception erronée. À titre d'information, Excel Networking a testé en interne tous ses câbles de catégorie 6 pour la fréquence de 350 MHz, mais nous n'exigeons pas la conformité à cette fréquence pour les raisons expliquées ci-dessous.
Exigences des normes
Selon Cenelec (EN) ou ISO, chaque classe de canal ou liaison permanente est composée de catégories de composants.
Les exigences de qualité relatives à ces composants, qu'il s'agisse de câbles, de matériel ou de cordons de brassage, sont détaillées dans les exigences générales des normes respectives, notamment EN50173-1:2011 et ISO 11801: Ed 2.2:2010.
L'extrait suivant de la norme EN50172-1:2011 spécifie les exigences de fréquence pour chaque classe de canal.
5.2.2 Qualité des canaux pour le câblage symétrique
5.2.2.1 Généralités
La présente norme spécifie les classes de câblage symétrique suivantes :
a) Classe A : jusqu’à 0,1 MHz
b) Classe B : jusqu’à 1 MHz
c) Classe C : jusqu’à 16 MHz
d) Classe D : jusqu’à 100 MHz
e) Classe E : jusqu’à 250 MHz
f) Classe EA : jusqu’à 500 MHz
g) Classe F : jusqu’à 600 MHz
h) Classe FA : jusqu’à 1 000 MHz
La norme définit ensuite la qualité de chacune des mesures requises à ces fréquences spécifiées. Dans le cas de l'affaiblissement de retour, le tableau est le suivant :
Pour une conformité totale du canal, tous les éléments DOIVENT être de la classe spécifiée ou supérieure. Cependant, c'est la catégorie inférieure du composant qui détermine la classe. Ainsi, si un câble de 350 MHz est utilisé avec des connecteurs et des cordons de brassage de catégorie 6, le canal sera de classe E.
La mesure de fréquence supplémentaire est théoriquement avantageuse, mais en pratique, elle soulève plusieurs problèmes, notamment le fait qu'aucun équipement de test de terrain ne possède la capacité intégrée de tester au-delà de la limite de 250 MHz établie par les normes pour une liaison permanente ou un canal de classe E. Il est possible de configurer l'équipement pour effectuer des tests au-delà des exigences de la norme, mais il incombe à l'utilisateur d'exporter les données et d'établir de nouvelles limites à l'aide de la formule existante pour la catégorie 6 dans la norme EN 50173.
Voici un exemple de formule pour l'affaiblissement d'insertion :
La question se complexifie encore davantage lorsqu'on utilise un analyseur de réseau. La norme EN 50346 spécifie que les paramètres de test requis par la norme EN 50173-1 indiquent 401 points de mesure pour 250 MHz. Comment cela s'applique-t-il alors à 350 MHz ? Faut-il utiliser les mêmes points et en calculer un nombre supplémentaire, ou faut-il espacer ces points, au risque de perdre en précision ? Dans les deux cas, le résultat est loin d'être optimal.
Conclusion :
En théorie, un câble indiquant un fonctionnement à une fréquence plus élevée peut sembler une option intéressante.
Pour comprendre la réalité et dissiper la confusion engendrée par le marketing, il convient de garder à l’esprit les points suivants et de se poser les questions suivantes :
- Tous les composants répondent-ils aux exigences de 350 MHz ? Dans le cas contraire, tout avantage supposé disparaîtrait immédiatement.
- Il n’existe AUCUNE méthode efficace pour tester la fréquence de 350 MHz une fois l’installation terminée ou « sur le terrain ».
- Aucune application ne fonctionne à cette fréquence étendue. Dans le cas de l’Ethernet, la catégorie 6 offre déjà une marge de sécurité supérieure à celle de la catégorie 5e. Pour l’Ethernet 1 Gb/s à 100 MHz, le niveau supérieur est le 10 Gb/s, qui requiert la classe EA et une fréquence de 500 MHz.
- Si cette fréquence supplémentaire engendre un surcoût sans apporter d’avantage, son utilité doit être sérieusement remise en question. Il s’agit d’un cas typique où le fabricant tente de manipuler l’opinion et d’induire le consommateur en erreur en lui faisant croire qu’une fréquence plus élevée lui permettra d’en avoir plus pour son argent, ce qui est faux.
Auteur:
Auteur : Paul Cave, responsable technique, Excel
