Qu'est-ce que la fibre noire ?
Comme son nom l'indique, la fibre noire est une fibre optique non éclairée. Il s'agit donc d'une fibre optique « non éclairée », autrement dit, installée mais non utilisée. Autrement dit, c'est l'infrastructure prête à accueillir de futurs clients qui pourront acheter de la bande passante et l'utiliser pour mettre en œuvre la technologie la mieux adaptée à leurs besoins.

Les conduits souterrains utilisés pour transporter les câbles à fibre optique, entre autres, ont généralement une capacité supérieure aux besoins actuels en communication. Il est donc compréhensible que les entreprises de télécommunications, lors de la réfection des rues, laissent souvent des sections de câble inutilisées en place afin d'éviter de devoir refaire la chaussée à chaque augmentation de la demande de connexion.
La meilleure analogie est celle d'un embouteillage : si une route reliant deux villes est très fréquentée, son élargissement permettra une circulation plus fluide et permettra à davantage de véhicules de passer. Autrement dit, cela augmentera la capacité et la vitesse de circulation. D'où les larges conduits que les entreprises construisent et enfouissent ; elles anticipent un besoin croissant de capacité et de vitesse pour le transfert et le stockage des données. De plus, elles peuvent rentabiliser leur infrastructure en la proposant à d'autres opérateurs.

Dans le cadre de l'accord MARCo, Telefónica est tenue de louer ses infrastructures à d'autres opérateurs pour le déploiement de leurs réseaux. Mais que se passe-t-il si l'utilisation de ces infrastructures est impossible ou si leur accès est tout simplement impossible ? C'est là qu'intervient la fibre noire, qui offre une solution pour développer des connexions par fibre optique pour d'autres opérateurs.

À qui appartient la fibre noire ? Un marché concentré.
Selon les dernières données publiées par la CNMC, fin 2020, notre pays comptait près de deux millions de kilomètres de câbles en fibre noire, répartis comme suit par entreprise :

Comme le montre l'image, REE est le principal propriétaire de cette technologie en Espagne (via sa filiale Reintel, qui gère notamment les kilomètres de fibre optique déployés entre le réseau de transport d'électricité et le réseau ferroviaire). En deuxième position figure Lyntia, opérateur neutre devenu le deuxième acteur du marché en 2019 après l'acquisition des droits d'exploitation d'Iberdrola, une opération examinée par la CNMC (Commission nationale des marchés et de la concurrence). Le marché de la fibre noire en Espagne est très concentré (les deux principaux opérateurs, Reintel et Lyntia, contrôlent plus de 90 % du marché) et les barrières à l'entrée sont importantes ; c'est pourquoi l'acquisition a été autorisée sous réserve des engagements pris par Lyntia.

Qui utilise la fibre noire ?
Si l’on parle de « locataires », la fibre noire est particulièrement pratique pour les administrations et les entreprises (pour interconnecter leurs sièges sociaux et leurs équipements avec une capacité élevée de transfert et de stockage de données) et, bien sûr, pour les opérateurs de télécommunications qui l’utilisent pour couvrir les sections de leur réseau qu’ils ne couvrent pas avec leur propre déploiement.

Litige relatif à la distribution de signaux par fibre noire
: Concernant la fibre noire, l’Audience nationale a rejeté le recours de Telefónica contre la résolution de juillet 2019 de la CNMC (CFT/DTSA/052/18) relative à un litige avec Orange concernant une demande de services de distribution de signaux par fibre noire (EdS). (Il existe plusieurs types d’EdS, dont la fibre noire.) Dans cette affaire, Telefónica était tenue de fournir à Orange le service de distribution de signaux par fibre noire, conformément à la décision de la CNMC. Ce service de distribution de signaux en gros est essentiel pour les opérateurs alternatifs, car il leur permet d’acheminer le trafic depuis le central de Telefónica, où se situe l’accès au service en gros, vers leur propre réseau.

Consultez l’arrêt de l’Audience nationale (Chambre administrative, Section 8) du 1er mars 2022 (PO 8/1821/2019).
En pratique, le service de transmission de signaux par fibre noire est un service relativement marginal, et la CNMC n’a eu à trancher que quelques litiges dans ce domaine ces dernières années.
L’accès aux infrastructures physiques pour le déploiement de réseaux de communications électroniques à haut débit a généré un volume de travail plus important pour la Commission ; c’est pourquoi nous avons récemment approuvé une communication de la CNMC établissant des lignes directrices pour le règlement des litiges relatifs à l’accès aux infrastructures physiques. Vous pouvez la consulter ici : Les dix lignes directrices pour l’accès aux infrastructures physiques.

Source : blog CNMC