Fibre optique 114-1Une fois une liaison optique installée, il est nécessaire d'effectuer les mesures requises pour vérifier sa bonne installation. Le technicien doit s'assurer que les résultats obtenus – en termes d'atténuation et de perte de retour, le cas échéant – correspondent aux exigences du projet, c'est-à-dire au bilan des pertes ou aux pertes admissibles attendues.
À cette fin, deux types d'équipements de mesure sont disponibles : les wattmètres optiques et les réflectomètres optiques temporels (OTDR). Lequel utiliser ? Quelles sont les principales différences entre eux ? Sont-ils aussi précis et fiables l'un que l'autre ? De plus, est-il nécessaire de mesurer chaque fibre dans les deux sens ? À quelle longueur d'onde les mesures doivent-elles être effectuées ?
Cet article tentera de répondre à ces questions.

Équipement de mesure de puissance optique : (OLT)
Un OLT (Optical Loss Test Set) se compose de plusieurs éléments :

- Une source lumineuse stable capable d'émettre aux longueurs d'onde (λ) spécifiées dans l'installation (850 et 1300 nm pour les fibres multimodes ; 1310, 1550 et 1490 nm pour les fibres monomodes).
- Un wattmètre capable de détecter la longueur d'onde (λ) émise par la source, étalonné pour les longueurs d'onde spécifiées dans le projet. La puissance d'émission de la source et la sensibilité du wattmètre doivent être suffisantes pour compenser les pertes prévues.
- Un ensemble d'accessoires (câbles de mesure, adaptateurs d'impédance, outils de nettoyage, etc.) permettant le fonctionnement de base du schéma de la figure 1.

Par conséquent, les pertes enregistrées correspondront exactement aux pertes réelles du circuit mesuré, sans information supplémentaire.
Afin de reproduire fidèlement toutes les possibilités de fonctionnement du circuit, les mesures de puissance doivent être bidirectionnelles et effectuées à toutes les longueurs d'onde de transmission.
Selon les caractéristiques de l'équipement (acquisition automatique de données, connexion à un ordinateur, reconnaissance automatique de la longueur d'onde, nombre de longueurs d'onde d'étalonnage de l'appareil ou d'émission de la source, réglages de seuil, etc.), les appareils OLTS seront plus ou moins rapides et généreront des rapports plus ou moins rapidement. L'accès aux deux extrémités de la fibre est nécessaire.

Les réflectomètres optiques temps-distance (OTDR)
Fibre optique114-2émettent un signal lumineux pulsé depuis une extrémité de la fibre à mesurer. Ce signal se propage sur toute la longueur de la fibre. L'appareil collecte et analyse ensuite les portions de ce signal réfléchies par les phénomènes de Fresnel et de Rayleigh (rétrodiffusion). Il en résulte un graphique d'atténuation en fonction de la distance, qui rend compte de tous les événements, qu'ils soient réfléchissants (connecteurs, épissures) ou atténuants (courbures, épissures). Voir figure 2.
Ce graphique réflectométrique fournit des informations précises sur les incidents survenus le long du câble, ce qui en fait un outil indispensable pour localiser ces événements (courbures, connecteurs, épissures, etc.) grâce à la précision de la mesure. Dans ce cas, des mesures bidirectionnelles doivent également être effectuées, et ce, pour différentes longueurs d'onde (l), car, outre les avantages mentionnés pour les OTDR, cela permettra d'identifier le type d'OTDR le plus adapté aux besoins de mesure. Il est essentiel de vérifier que ses caractéristiques (plage dynamique, zones mortes et événements d'atténuation, longueur d'onde de fonctionnement) correspondent bien aux exigences de la mesure.


Conclusion : OTDR ou OLTS ?

Comme nous l’avons vu précédemment, chaque type d’instrument fournit des mesures très précises et valides, une fois ses caractéristiques spécifiques maîtrisées. Toutefois, en général, les mesures de puissance avec OLTS suffisent pour les liaisons courtes à faible trafic (liaisons LAN, par exemple), tandis que les graphiques OTDR sont plus précis pour les liaisons longue distance à trafic multiple (WAN, liaisons télécoms).
Néanmoins, il est toujours nécessaire d’effectuer des mesures bidirectionnelles à plusieurs longueurs d’onde (celles prévues pour le fonctionnement, plus 1 625 nm, si notre équipement le permet).

 

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Miguel Ángel Matesanz, directeur technique de C3comunicaciones