Avec plus de 70 % des ménages espagnols utilisant les services bancaires numériques, le rapport souligne que l'infrastructure réseau « invisible » est désormais le principal garant de la confiance des clients et de la stabilité du marché.
Infrastructure technique pour un fonctionnement ininterrompu
Les avantages concurrentiels des solutions de connectivité dédiée par rapport aux alternatives partagées, détaillés dans le livre blanc d'Aire, sont les suivants :
DWDM (Multiplexage par répartition en longueur d'onde dense) : cette technologie permet la location de longueurs d'onde spécifiques au sein d'une seule fibre, assurant un transport de données à très haut débit avec une latence exceptionnellement faible (inférieure à 0,05 ms).
Connectivité point à point (P2P) : elle offre une liaison dédiée entre deux sites (tels qu'un siège social et des centres de données) avec une bande passante garantie et sans trafic externe susceptible de provoquer une congestion.
Chiffrement de couche 1 : compte tenu de la sensibilité des données bancaires, ces connexions permettent un chiffrement AES directement sur le signal optique sans augmentation de la latence.
Scénarios critiques : lorsque la connectivité est essentielle à la survie de l'entreprise.
L’étude technique identifie trois domaines critiques où l’absence de liaisons dédiées et de technologie DWDM affecte non seulement les performances, mais met également en péril la viabilité même de l’entité en cas de défaillance de service ou de non-conformité légale :
Paiements instantanés (SEPA Instant) : La réglementation exige que les transferts soient effectués en moins de 10 secondes, 24 h/24. Ceci n’est possible qu’avec des liaisons à faible latence permettant une communication entre les banques et les chambres de compensation en quelques millisecondes.
Trading haute fréquence : Dans ce secteur, chaque milliseconde de retard peut se traduire par des pertes annuelles allant jusqu’à 100 millions de dollars pour les grandes institutions. Les liaisons DWDM à très faible latence sont essentielles pour maintenir la compétitivité dans l’exécution des ordres. Continuité d’activité (PCA/PRA) : Les institutions doivent répliquer d’importants volumes de données entre des centres de données géographiquement dispersés. Les progrès technologiques permettent désormais des liaisons de 100 Gbit/s, extensibles jusqu’à 800 Gbit/s par longueur d’onde, afin de répondre aux exigences de reprise d’activité les plus strictes.
La résilience comme obligation légale :
investir dans des réseaux résilients n’est plus un choix technique, mais une obligation légale. La loi DORA (Digital Operational Resilience Act), applicable depuis janvier 2025, impose aux institutions financières de disposer de cadres de gestion des risques liés aux TIC garantissant la continuité de leurs opérations, même en cas de pannes système ou de cyberattaques.
Selon Zigor Gaubeca, DSI d’Aire et contributeur au rapport : « Des infrastructures robustes permettent aux institutions de se conformer aux exigences des autorités de surveillance (BCE et ABE) et, simultanément, d’éviter les atteintes à leur réputation dues à des interruptions de service aux moments critiques. »
L’avenir : l’informatique quantique se rapproche et les services de sécurité des gouvernements, des banques et d’autres secteurs critiques se préparent à ce nouveau scénario de risques informationnels, tels que le HNDL (Harvest Now Decrypt Later), qui, comme son nom l’indique, consiste à voler des données aujourd’hui pour les déchiffrer ultérieurement.
Il existe deux approches principales :
la distribution quantique de clés (QKD) : basée sur la mécanique quantique (par exemple, les photons), elle permet de détecter l’interception d’une clé grâce aux lois physiques. Elle nécessite une infrastructure spécifique (câble à fibre optique dédié ou DWDM) et sa portée est limitée (300 km avec la technologie actuelle).
Cryptographie post-quantique (PQC) : algorithmes cryptographiques conçus pour fonctionner sur les ordinateurs classiques actuels, mais difficiles à casser pour les ordinateurs quantiques. Implémentable par logiciel, elle offre une meilleure évolutivité et un déploiement simplifié. Le livre blanc d’Aire souligne que la résilience opérationnelle n’est pas seulement un objectif technique, mais une obligation légale incontournable dans le cadre de la nouvelle loi DORA. Le déploiement des réseaux DWDM et de la connectivité P2P est présenté comme l’investissement le plus stratégique pour les entités souhaitant sécuriser leurs opérations, garantir leur conformité aux exigences de la BCE et préserver leur compétitivité sur un marché financier où la moindre erreur est fatale.
