Publiées dans la revue Nature Communications, ces découvertes pourraient non seulement accélérer le développement des capacités de télécommunications de l'Australie au cours des 25 prochaines années, mais aussi ouvrir la voie à un déploiement mondial de cette technologie développée localement. L'équipe de recherche était dirigée par le Dr Bill Corcoran (Monash), le professeur Arnan Mitchell (RMIT) et le professeur David Moss (Swinburne).

Pour cette étude, les chercheurs ont atteint ces débits en utilisant l'infrastructure de communication existante, ce qui leur a permis de tester efficacement le réseau. Ils ont utilisé un nouveau dispositif remplaçant 80 lasers par un seul équipement appelé « micro-peigne », plus petit et plus léger que le matériel de télécommunications actuel. Ce dispositif a été installé et testé en charge sur l'infrastructure existante, identique à celle utilisée par le NBN.

« Nous avons actuellement un aperçu de ce à quoi ressemblera l’infrastructure Internet dans deux ou trois ans, en raison du nombre sans précédent de personnes qui utilisent Internet pour le télétravail, les échanges sociaux et le streaming. Cela nous montre clairement la nécessité de pouvoir augmenter la capacité de nos connexions Internet », explique le Dr Bill Corcoran, co-auteur principal de l’étude et professeur de génie électrique et informatique à l’université Monash. « Nos recherches démontrent que la fibre optique déjà déployée, grâce au projet NBN, peut constituer l’épine dorsale des réseaux de communication, aujourd’hui comme demain. Nous avons développé une solution évolutive capable de répondre aux besoins futurs. ».

Pour illustrer l'impact des micro-peignes optiques sur l'optimisation des systèmes de communication, des chercheurs ont installé 76,6 km de fibres optiques « noires » entre le campus Melbourne City de l'université RMIT et le campus Clayton de l'université Monash. Ces fibres optiques ont été fournies par le Réseau australien de recherche universitaire (Australian Academic Research Network). Les chercheurs y ont intégré un micro-peigne, fourni par l'université Swinburne dans le cadre d'une collaboration internationale plus vaste. Ce micro-peigne fonctionne comme un arc-en-ciel formé par des centaines de lasers infrarouges monopuces de haute qualité. Chaque laser peut être utilisé comme un canal de communication distinct. Les chercheurs ont ainsi pu transmettre un débit maximal de données sur chaque canal, simulant une utilisation Internet de pointe, sur une bande passante de 4 THz.

Le professeur Mitchell explique que l'ambition future du projet est d'augmenter la capacité des émetteurs actuels, passant de centaines de gigaoctets par seconde à des dizaines de téraoctets par seconde, sans en augmenter la taille, le poids ni le coût. Il ajoute : « À long terme, nous espérons créer des puces photoniques intégrées permettant d'atteindre ce débit de données sur les liaisons fibre optique existantes à un coût minimal. Dans un premier temps, ces puces seraient particulièrement intéressantes pour les communications à très haut débit entre centres de données. Cependant, nous envisageons que cette technologie devienne suffisamment compacte pour être déployée à des fins commerciales auprès du grand public dans les villes du monde entier. ».

Le professeur Moss, directeur du Centre des sciences optiques de l'université Swinburne, a déclaré : « Au cours des dix années qui se sont écoulées depuis l'invention des puces à micropeignes, celles-ci sont devenues un domaine de recherche d'une importance capitale. Il est particulièrement enthousiasmant de voir leur potentiel se concrétiser dans les télécommunications par fibre optique à très haut débit. Ces travaux constituent un record mondial de bande passante pour une fibre optique unique utilisant une puce unique, et représentent une avancée majeure pour la partie du réseau qui supporte la majeure partie de la charge. Les micropeignes offrent des perspectives considérables pour répondre à la demande mondiale insatiable de bande passante. ».

Pour plus d'informations, consultez le site www.swinburn.edu.au