Les émetteurs-récepteurs multimodes (appareils dotés d'un émetteur et d'un récepteur partageant certains circuits ou situés dans le même boîtier), par exemple, ont un coût bien inférieur à celui des équipements à technologie monomode, principalement utilisés par les opérateurs de télécommunications dans les liaisons optiques sur une distance de quelques kilomètres.
Dans les centres de données, où les distances de transmission sont plus courtes, la fibre multimode s'avère la solution la plus adaptée, tant du point de vue économique que de celui de la gestion. Actuellement, les interfaces 10 Gbit/s sont les plus répandues sur le marché, mais la migration vers les débits plus récents de 25 Gbit/s, 40 Gbit/s et 100 Gbit/s est en cours.
Mais que se passera-t-il dans un avenir proche, lorsque les équipements pour les systèmes à 200 Gbit/s et 400 Gbit/s seront disponibles sur le marché ? Ces nouvelles vitesses ont récemment été normalisées par la norme IEEE 802.3bs (Standard for Ethernet Amendment : Media Access Control Parameters, Physical Layers and Management Parameters for 200 Gb/s and 400 Gb/s Operation). Cependant, quelle est la solution appropriée pour la mise en œuvre de systèmes à 200 Gbit/s et 400 Gbit/s utilisant des fibres optiques multimodes ?
La réponse à ces préoccupations vient des nouvelles fibres multimodes de catégorie OM5, compatibles avec différentes longueurs d'onde, offrant un nouveau mode de transmission qui se traduit par une réduction importante de l'infrastructure des centres de données.
Grâce à la mise à jour par la TIA (Telecommunications Industry Association) de la norme de câblage des centres de données 492AAAE, il était auparavant impossible de transmettre plusieurs longueurs d'onde sur fibre multimode. La seule solution consistait à établir des transmissions parallèles à l'aide de connecteurs MPO.
Grâce aux nouvelles fibres multimodes OM5, il est désormais possible d'utiliser jusqu'à quatre longueurs d'onde, entre 850 nm et 950 nm. Cette performance est rendue possible par la technologie SWDM (multiplexage par répartition en longueur d'onde à courte longueur d'onde), qui offre un nouveau mode de transmission avec les fibres optiques multimodes.
Ce concept est équivalent au multiplexage par répartition en longueur d'onde dense (DWDM) pour les fibres optiques monomodes. La différence réside dans le fait que le SWDM utilise des longueurs d'onde de 850 nm, 880 nm, 910 nm et 940 nm.
Grâce à la capacité accrue de la fibre OM5, des transmissions de 40 Gbit/s ou 100 Gbit/s sont possibles sur une seule paire de fibres, en utilisant différentes longueurs d'onde (850 nm, 880 nm, 910 nm et 940 nm). Par exemple, une application 100GBASE-SWDM4 peut effectuer quatre transmissions de 25 Gbit/s sur une seule paire de fibres, à des longueurs d'onde différentes. Il en résulte une réduction de quatre fois le nombre de fibres optiques nécessaires, une infrastructure moins sollicitée et une gestion simplifiée.
À l'avenir, des débits de 200 Gbit/s et 400 Gbit/s seront également possibles grâce à des transmissions sur une seule paire de fibres optiques. La technologie SWDM sur fibres optiques OM5 ouvre sans aucun doute de nouvelles perspectives pour les applications 40G, 100G, 200G et 400G, avec une meilleure utilisation des infrastructures et des équipements, ainsi qu'une optimisation de l'espace dans les centres de données. La fibre optique OM5 confirme ainsi la tendance à l'augmentation de la capacité de transmission des fibres multimodes.
Auteurs : Fabian Fink, ingénieur d’applications câblage chez Furukawa et Luiz Henrique Zimmermann, ingénieur et responsable des applications chez Furukawa