Ce paradigme est aujourd'hui en train de s'estomper. Le logiciel détermine de plus en plus la fonctionnalité et l'intelligence des réseaux. De cette réalité et de l'essor des agents d'IA, capables de traduire les intentions humaines en actions techniques, émerge une nouvelle forme d'infrastructure : ouverte, programmable et accessible à un public bien plus large qu'auparavant. Les fournisseurs d'équipements réseau, tels que Nokia, développent également ces concepts, car ils représentent l'évolution logique des réseaux modernes.
D'un réseau centré sur le matériel à une infrastructure programmable
La transition vers les réseaux définis par logiciel a préparé le terrain pour ce changement. Les fonctions réseau ne sont plus configurées principalement via du matériel dédié, mais plutôt via des API, du code et l'automatisation. Le concept de « réseau en tant que code » pousse cette approche encore plus loin, en transformant des fonctions telles que la priorisation, l'optimisation de la latence et la qualité de service en modules logiciels. Ces modules peuvent être gérés via des interfaces prédéfinies, sans que les développeurs aient besoin de connaissances approfondies de l'architecture technique du réseau. Ceci ouvre un nouveau champ d'innovation qui dépasse largement le cadre des télécommunications. Les entreprises des secteurs de la logistique, de l'industrie, de la recherche et des médias, par exemple, peuvent intégrer la logique réseau sans expertise particulière.
Les agents d'IA comme nouvelle couche d'intermédiation
Cependant, la véritable avancée réside dans les agents d'IA, capables de comprendre les objectifs, de prendre des décisions et d'exécuter des actions, souvent à travers plusieurs systèmes techniques. Surtout, contrairement aux outils d'automatisation classiques, ils ne fonctionnent pas avec des paramètres, mais selon l'intention. Par exemple, si une équipe a besoin d'une qualité vidéo stable pour mener des entretiens dans une zone isolée, l'agent d'IA traduit cette exigence en mesures techniques. Il priorise la bande passante montante disponible, analyse les conditions du réseau local, optimise la connexion via les antennes relais les plus proches et s'adapte dynamiquement en cas de changement des conditions météorologiques ou de la charge du réseau. Ceci donne naissance à une nouvelle forme de collaboration entre les personnes et l'infrastructure, où la complexité technique passe au second plan.
L'innovation se généralise
Avec cette évolution, les acteurs de l'innovation se transforment également. Jusqu'à présent, seuls les experts en télécommunications pouvaient concevoir la logique des réseaux. Aujourd'hui, les développeurs de startups, les entreprises de logistique disposant de flottes connectées, les équipes Industrie 4.0, les chercheurs de terrain et les fournisseurs de mobilité ont un accès direct à l'intelligence des réseaux. L'innovation est ainsi plus largement diffusée, à l'instar d'autres moments historiques où la technologie a ouvert l'accès au savoir ou aux ressources. L'imprimerie en est sans doute l'exemple le plus connu, mais le cloud computing s'inscrit également dans cette catégorie. Les réseaux programmables pourraient jouer un rôle similaire dans les infrastructures numériques.
L'avenir est déjà visible
De nombreux exemples concrets démontrent que cette évolution est bien réelle. Orange utilise des fonctions réseau basées sur l'IA pour améliorer la sécurité de son personnel sur le terrain. Deutsche Telekom permet des opérations de drones de haute précision grâce à une optimisation dynamique du réseau. L'opérateur Elisa, en collaboration avec Elmo Cars, teste des scénarios de conduite à distance où la latence et la fiabilité doivent être gérées en temps réel. Parallèlement, WaveXD intègre le Network as Code directement dans les plateformes de développement, permettant ainsi aux équipes d'utiliser les fonctions réseau aussi facilement que des bibliothèques logicielles. La démocratisation des infrastructures n'est pas une promesse d'avenir : elle est déjà une réalité.
Dans quelle mesure un réseau critique peut-il être ouvert ?
Malgré toutes les possibilités, il est clair que les réseaux de télécommunications constituent une infrastructure critique. La sécurité, la conformité réglementaire et la qualité de service doivent être garanties en permanence. Le principal défi consiste à concevoir des systèmes qui permettent une innovation maximale sans perte de contrôle. Les contours d'une solution commencent déjà à se dessiner : les opérateurs de réseau conservent la responsabilité de la sécurité et des performances, tandis que les agents d'IA et les interfaces programmables créent des points d'accès contrôlés et sécurisés. Les entreprises et les développeurs bénéficient ainsi d'une plus grande liberté, dans un cadre clairement défini. C'est un équilibre délicat qui, néanmoins, ouvre d'immenses perspectives, tant sociales qu'économiques.
Un nouveau groupe d'innovateurs
Nous sommes à un tournant. Les réseaux ne sont plus seulement utilisés, mais activement conçus : par un grand nombre, et non plus par quelques-uns. Les agents d’IA et le concept de « réseau en tant que code » ouvrent la voie à un monde où l’innovation est plus largement distribuée, la logique réseau est intégrée aux applications et les entreprises peuvent expérimenter plus rapidement. Pour la première fois, des personnes issues de divers secteurs ont accès à l’intelligence des infrastructures. La question « Qui a le droit d’innover ? » trouve ainsi une nouvelle réponse : (presque) tous ceux qui souhaitent résoudre un problème.
Source : Nokia
