Problèmes1Grâce à des débits de données bien plus élevés (pouvant dépasser les 100 Mbit/s), les abonnés bénéficieront d'un accès à un plus large éventail de fonctionnalités, permettant ainsi aux opérateurs télécoms d'accroître leurs revenus. Le cabinet d'études de marché Infonetics prévoit que d'ici 2015, le nombre d'abonnés LTE dépassera les 290 millions, tandis qu'ABI Research estime à environ 600 000 le nombre de stations de base opérationnelles dans le monde à cette date. Cependant, malgré les premiers déploiements en cours, Mike McHale de Livingston et Jonathan Borrill d'Anritsu estiment que de sérieuses questions subsistent quant à la viabilité de cette technologie.


Qualité et quantité :
D'après un rapport d'Infiniti Research, le marché mondial des infrastructures de communication mobile LTE devrait dépasser les 11 milliards de dollars en 2014. La LTE représente une évolution majeure dans le fonctionnement des réseaux de communication mobile, remplaçant la topologie à commutation de circuits des générations précédentes par une topologie entièrement basée sur le protocole IP. Les opérateurs télécoms doivent donc repenser entièrement leur évaluation de la qualité de service (QoS). Grâce à l'intégration directe des en-têtes contenant les informations QoS dans la pile de protocoles, la surveillance de la QoS de bout en bout sera possible, de l'utilisateur final au réseau dorsal. Il sera ainsi possible de prioriser la transmission du trafic de données en fonction de l'accord de niveau de service (SLA) conclu avec l'abonné et de la nature des données (en tenant compte ou non de la latence). De nouveaux mécanismes, plus complexes, seront mis en place pour mesurer la QoS en termes de disponibilité et de continuité de service, ce qui nécessitera une formation complémentaire pour les opérateurs.


Selon les prévisions récemment publiées par les analystes d'iDate, le trafic mondial annuel de communications mobiles atteindra le chiffre astronomique de 127 exaoctets d'ici 2020. La congestion qui en résultera mettra à rude épreuve l'infrastructure des réseaux LTE. Les opérateurs télécoms devront déployer l'Ethernet 40/100 Gigabit pour garantir que leurs réseaux d'accès et de liaison puissent absorber cette explosion de données sans perte de performance. Cela nécessitera des investissements considérables au cours des prochaines années.

Problèmes2
Maintien de la couverture :
La LTE devra être déployée sur différentes bandes de fréquences radio (RF) selon les zones géographiques : 800 MHz et 2 600 MHz en Europe, 700 MHz et 1 900 MHz en Amérique du Nord, 2 100 MHz au Japon, 2 300 MHz en Chine et 1 800 MHz et 2 600 MHz dans le reste de l’Asie. Par conséquent, les fabricants de téléphones mobiles devront concevoir des modèles à antennes multiples afin de garantir une couverture mondiale. De ce fait, les tests de conformité seront considérablement plus longs que pour les générations précédentes de téléphones.


Parallèlement, des configurations d'antennes plus complexes seront utilisées dans les déploiements LTE pour prendre en charge la transmission MIMO (Multiple-Input Multiple-Output). Grâce à la transmission simultanée du signal sur plusieurs trajets, le débit de données et la couverture mobile peuvent être améliorés sans augmenter la bande passante ni la capacité de transmission. Cela nécessitera des mesures plus sophistiquées de la part des ingénieurs de test pour calculer la vitesse de transmission. Auparavant, les méthodes de test OTA (Over-The-Air) supposaient que le débit de données atteignable était directement lié au rapport signal/bruit (SNR) reçu ; de plus, la portée de transmission s'améliorerait en visibilité directe. Cependant, avec la technologie MIMO, ces règles fondamentales ne sont plus valables ; par conséquent, le personnel technique devra être formé à nouveau.


Autres points à prendre en compte :
Le déploiement progressif des réseaux LTE, ciblant les zones à forte demande, entraînera des transitions constantes entre les infrastructures LTE et 2.5G/3G existantes. Par conséquent, les opérateurs télécoms auront besoin d’une plus grande variété d’équipements de test (compatibles avec les anciens et les nouveaux protocoles), ainsi que d’un nombre croissant d’appareils capables de gérer les deux. Le GSM/UMTS et la LTE offrent probablement une couverture similaire grâce à la bande 800 MHz de la LTE. Il est essentiel que les réseaux présentent des caractéristiques optimales afin que l’opérateur puisse sélectionner le réseau le plus adapté au service demandé par l’utilisateur.


Problèmes3L'intermodulation passive constitue un autre problème majeur, qui survient principalement lorsque les signaux des stations de base sont perturbés par des interférences radiofréquences, lesquelles se produisent lorsqu'ils se mélangent à d'autres signaux sans fil. Ce phénomène existait déjà avec les générations précédentes de communications mobiles, mais la distorsion qui en résulte est beaucoup plus importante avec les réseaux LTE en raison du volume élevé de données transmises. Dans le cas de l'intermodulation passive, un équipement de test plus performant sera à nouveau nécessaire pour identifier la source des signaux indésirables.


Enfin, la technologie LTE exige une stratégie entièrement nouvelle pour la planification des communications mobiles, accordant une attention particulière aux cartes de couverture et aux mesures d'interférences. Grâce aux mécanismes de coopération intercellulaire (ICIC), il sera possible de vérifier qu'aucune cellule adjacente n'utilise la même fréquence de sous-porteuse dans une zone de chevauchement. Cependant, actuellement, aucune cellule LTE ne fonctionne dans des zones de chevauchement car elles restent isolées les unes des autres. Il s'agit donc d'un territoire encore inexploré. Ce n'est qu'après l'activation d'un nombre significatif de cellules que l'on saura avec certitude comment cela fonctionne concrètement. Là encore, des tests approfondis seront essentiels pour garantir une configuration optimale.


Il ressort clairement des différents points soulevés dans cet article que le déploiement à grande échelle de la LTE est loin d'être acquis, contrairement à ce que certains pourraient penser. Les opérateurs de réseaux LTE devront se procurer des équipements de test haut de gamme pour effectuer les mesures nécessaires de modulation, de bande passante et de spectre. Ils auront également besoin de ressources suffisantes pour analyser la couverture mobile, réaliser des tests de transfert intercellulaire et vérifier la conformité avec la séquence et les protocoles eux-mêmes. Par conséquent, les entreprises de télécommunications devront collaborer étroitement avec les fabricants d'équipements de test et leurs fournisseurs afin d'être prêtes à relever les défis posés par la LTE.

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